• Page blanche

    "Si l'on avait contemplé Dieu face à face, on ne pourrait plus rien voir sans chagrin. La beauté exténue le regard, le retient en captivité, longtemps aveugle, indiffèrent à tout le reste, ô cécité bienheureuse ! J'ai beau promener mes yeux sur le monde, je ne vois que lui. Les montagnes, les vallées, les forêts, la nature entière n'est plus qu'une allusion à lui seul."

    Marcel Jouhandeau, "Bréviaire, Portrait de Don Juan, Amours"


    Je n'arrive plus trop à écrire, je suis encore pris dans les charmes de mon séjour à Namur, encore en train de digérer Leffe et Cupret, quelques discussions où je me suis surpris moi-même. J'ai l'impression à la fois d'avoir gagné une nouvelle dimension en moi-même et d'y avoir laissé un bout de moi, sentiment confus qu'il faut que je digère, que je distille.

    Seigneur Tu as su encore me toucher, me réchauffer, m'aimer, me réconforter, me faire avancer, m'apaiser.
    Nombreux sont Tes enfants qui m'ont parlé de Toi, qui m'ont donné de Ton amour. Je n'avais pas réalisé combien j'en étais pauvre et combien je ne savais pas en donner.
    La seule façon que j'ai de Te le dire est de dire publiquement ici un truc assez intime finalement. J'aime.

    Oui, j'aime...j'aime Ma. comme une seconde mère qu'elle est devenue en si peu de temps, j'aime sa famille, chacun à leur façon.
    Gu. parce que je comprends son langage et que je sais, je comprends, Gi. parce qu'il m'a regardé toute une soirée dans les yeux et qu'il m'a réellement écouté et lu, La. parce que j'ai l'impression de retrouver en lui celui que je n'ai pas su devenir et qu'on a encore plus de points communs que je ne le pensais, Va. parce que, peut être sans le réaliser, m'a redonné confiance et goût à partager ce que je sais, Je. pour son sourire discret et sa douceur.
    J'ai retrouvé B. avec un énorme plaisir, comme celui de retrouver un frère aîné vivant à l'étranger et quand j'ai rencontré J. j'ai eu l'impression de le connaitre depuis des siècles, tellement que je lui ai parlé comme à un vieil ami, j'ai du le surprendre le pauvre.
    Fa., je l'avoue, m'a surpris. De nos échanges à vifs, si honnêtes et francs qu'ils en étaient douloureux, j'en avais gardé une image fausse, ou plutôt la confrontation m'avait fait oublier combien il était une belle âme. J'ai découvert sa douceur et son humour. Je sais maintenant pourquoi il me touche si facilement.

    J'ai été aussi ébahi par la beauté, par celle que peut créer la foi en Toi.
    St Michel et Ste Gudule, bien que bondée de touristes sans respect rayonnait de cette foi, chaleureuse, forte, fière et à la fois humble de tes suivants. Quelle beauté ! Quelle foi ! J'aurais aimé y passer quelques heures, au calme.
    Cupret m'a fait mettre un genou à terre, je respectais ce genre de manifestation avec malgré tout une certaine distance apeurée, peur de céder ce dernier rempart non rationnel, l'affectivité, à l'amour de Toi. J'ai jusque là laissé ma foi être guidé par mon intelligence, peur de devenir irrationnel, peur d'aimer sans conditions...à vrai dire ce n'était pas vraiment de l'amour s'il avait des conditions. Merci de m'avoir attendu et aimé quand même, merci pour les guides.
    Leffe, "sanctitatem et clericatum", j'ai toujours su que je préfèrerai la pensée augustine au final à la pensée thomassienne. Je ne savais pas que des gens tel que j'ai rencontré pouvaient exister, je ne pensais pas qu'on pouvait marier vie contemplative et vie en société. Deux coups de cœur, un pour un claveciniste qui en veut à Bach et l'autre pour celui qui a raisonné pour moi comme l'abbaye qu'il a en charge, même son de cloche, même impression. C'est d'ailleurs étrange mais pas si illogique finalement. Un jour j'y prendrai retraite.
    Merci.

  • Commentaires

    1
    Lundi 18 Août 2008 à 18:28
    Touchée!
    Cher Seb, Ton billet, criant d'authenticité, me touche beaucoup. Pas qu'il flatte mon ego, mais parce que tu traduis une dimension dans laquelle les liens se sont tissés entre nous. Une fois de plus, Dieu nous montre que son temps n'est pas le nôtre, mais que si, dépassant nos impatiences et nos attentes, nous nous abandonnons en lui, tout nous est donné au moment opportun. Dans cette histoire, Il nous redit que nous pouvons devenir des instruments utiles à son oeuvre. N'ayoons plus peur, et encourageons-nous à avancer vers la Vie sur la route de la vie Je t'embrasse, ainsi qu'Isa, et vous dis merci de ce que vous êtes! Marie
    2
    Lundi 18 Août 2008 à 21:22
    Crupet
    Ah ! je suis heureux que Crocki ait eu la bonne idée de te faire découvrir Crupet. Maintenant tu connais l'un de mes coups de coeur. J'ai été heureux de vous rencontrer Isa et toi. A bientôt !
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