• Mourir un peu tous les jours.

     

     

    J'ai lu récemment qu'on ne mourrait pas du SIDA mais de ses conséquences, d'un cancer, d'une tuberculose ou d'une simple pneumonie.

    En fait cette remarque froidement médicale a l'air d'être simple, mais elle oublie l'essentiel : l'être humain, son rejet, sa souffrance et notre manque de compassion.

    Soyons honnètes, notre société ne traite pas les malades du SIDA comme ceux d'un lymphome, d'un cancer ou de tout autre maladie mortelle.

    Certes, les même litotes sont utilisées, "mort des suites d’une longue maladie", on a les mêmes silences, les mêmes omissions, les mêmes amis qui ne donnent plus signe de vie, mais il y a en plus les mêmes regards fuyants de honte.

    Rien que le mot SIDA est un mot à la limite du tabou, difficle à prononcer en public, essayez pour vérifier.

    Quoi qu'on en dise, après près de trois décénnies de pandémie, 25 millions d'exemples et autant de leçons à tirer  payés chers, on en est encore à vivre le SIDA comme une honte, la conséquence d'une faute morale commise, comme une atteinte à l'honneur et à la réputation.

    L'ostracisme est notre norme non avouée : on enferme les malades, leurs familles et leurs proches dans le silence et une honte déplacée, on les exile socialement.

    Cette maladie fait peur et par confort psychologique et moral on juge implicitement la paille de leur pêché supposé en lui donnant beaucoup plus d'importance que notre poutre faite de peur, de désespoir, de solitude, née de notre manque de charité.

    J'ai des fois comme l'impression que la peur du SIDA est toute proportionnelle au refus moderniste de nos sociétés à craindre le pêché, la première ayant remplacé le second. En tous cas les réactions à cette maladie sont plus de l'ordre de l'hystérique, du symbolique et moraliste que du rationalisme laïc qu'on se vante d'avoir atteint qui est en fait plutôt un froide foi scientiste.

    La journée mondiale du SIDA est une bonne chose.

    Il faut certes parler encore et toujours de prévention, pousser à l'éducation et à la responsabilisation, mais ca ne doit pas être une excuse pour ne pas parler des êtres humains qui en sont victimes, ca ne doit pas devenir un de ses rites sociétaux, un de ses rites télévisuels expiatoirs qu'on répète aveuglément pour oublier notre culpabilité commune.

    Nous devons, en disciples du Christ, encore plus regarder l'autre dans les yeux, ne pas laisser tuer notre toute vitale charité par la peur et la honte, ne plus limiter nos pareils aux virus dont ils sont porteurs mais au contraire les soutenir par le rappel de notre humanité commune.

    Pour ce faire nous devons accepter notre peur, la porter avec l'aide de Notre Seigneur et nous souvenir que tous ne savent pas encore pouvoir compter sur elle et à Son image aider nos frères à porter leur croix.

    Il nous faut cesser de céder aux sirènes de l'Accusateur et aller vers l'autre par amour, refuser le dénis et enfin sortir de notre isolationisme.

    "J'étais malade, et vous m'avez visité"
    - Matthieu   25.36

    Le Pape Benoit XVI a déclaré le 29 novembre que «ses pensées et ses prières allaient aux personnes frappées par cette maladie, en particulier les enfants, les plus pauvres et les exclus, malheureusement cette déclaration n'a pas fait écho mais elle me fait chaud au coeur. En 2007, il exhortait toutes les personnes de bonne volonté à multiplier les efforts pour combattre le mépris qui frappe souvent ceux qui en sont affectés.

    L’Église catholique continue à offrir sa contribution, via des organisations comme Caritas international, l'Oeuvre Saint-Vincent, la société Saint-Vincent-de-Paul, la Communauté de Sant'Egidio, les Camilliens, les « Juanitos », les Jésuites, les religieuses de Mère Teresa et le Secours Catholique aussi bien dans la prévention que dans l’assistance aux malades du sida et à leurs familles sur le plan médical, social, spirituel, pastoral et celui de l’assistance.

    Dans le monde, 26,7% des centres pour les soins du sida sont catholiques, mais tout se concentre sur les dimension médicale et matérielle, certes vitales, mais on oublie le soutient spirituel et moral aux malades. Si on n’y met pas l’âme, on ne peut pas résoudre ce fléau.

    Je veux signaler quand même l'existence de plusieurs associations : Chrétiens et sida qui rassemble une trentaine de groupes qui soutiennent et stimulent les initiatives de chrétiens face au sida ; la Basiliade : qui accueille et accompagne des personnes touchées par le VIH et Tibériade, créée par le diocèse de Paris qui accueille les personnes concernées par le sida ou séropositives. (01.40.49.07.64. 19, rue de Varenne, 75007 Paris)

    Un peu de chant pour illustrer cet article : He's not Heavy, he is my brother. (paroles)


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