• Les pieds dans le plat...et ca fait du bien.

    Je viens de lire un article sur Rue 89 "Les médias français boycottent injustement les catholiques" et j'avoue que je l'ai trouvé plutôt intéressant dans le sens où il expose clairement un point de vue et avance des arguments rationnels pour étayer son propos. J'avais envie de vous le signaler.

    L'actualité remet en cause la place des religions dans notre société. On s'offusque que Monsieur Sarkozy rende visite à des représentants religieux, on ignore la parole du clergé qui intervient de plus en plus dans les grands débats de société, on méprise l'engagement des laïcs catholiques contre l'IVG.

    Dans Le Monde du 18 janvier, on pouvait lire que les « discours de Rome et de Riyad bouleversent la laïcité à la française ». Ce n'est pas le cas, au contraire. Nicolas Sarkozy tente de la mettre en pratique. Le Président a choisi de se tourner vers les religions, comme il le fait pour n'importe quel interlocuteur, au lieu de les ignorer. Et comment pourrait-il sensément ignorer les grands courants spirituels, alors que les Français n'étaient que 27% en 2006 à se dire sans religion ?

    La République ne reconnaît aucun culte, mais doit les connaître

    Ceux qui pensent encore la laïcité comme un anticléricalisme sont des idéologues fermés et des censeurs, la tolérance qu'ils professent ne dépasse pas le cadre étriqué de leurs propres opinions. La laïcité est une liberté religieuse et si la République ne reconnaît aucun culte, cela ne la dispense aucunement de les connaître et de leur parler. Le contraire serait imbécile, surtout quand l'Eglise elle-même défend le principe de laïcité.

    Le clergé français ne plaît aux médias que quand il relaye une opinion qui fait consensus. Ainsi, on a bien voulu laisser parler les évêques de France quand ils se sont vivement prononcés contre les tests ADN et pour la défense des droits des personnes immigrées. Mais quand les catholiques, soutenus par leurs évêques, s'élèvent pour dire leur indignation face aux 200000 avortements annuels qui ont lieu dans notre pays, ils ne sont plus dignes que de l'ignorance méprisante des grands médias.

    La « Marche pour la vie » a réuni 2500 personnes selon la police et 20000 selon les organisateurs, chiffre que la dépêche AFP remplaçait curieusement par 10000. Pourtant, cette manifestation n'a trouvé nulle part où être relayée, tout juste daigne-t-on l'aborder sur l'angle de la controverse. On refuse d'amener le débat sur la question fondamentale du bienfondé moral de l'avortement, de savoir si le foetus peut être ou non considéré comme une personne à part entière, mais on insiste sur la présence d'élus du Front national dans le cortège. Au fond, le débat public n'a pas lieu, on le confisque au profit d'un théâtre d'ombre où ne s'opposent que des sensibilités et des préjugés.

    Il plaît aussi de penser que le Saint Père est un dangereux conservateur proche des milieux financiers, si bien que les appels qu'il lance régulièrement pour l'écologie, le développement durable et contre le libéralisme économique, passent à la trappe.

    La France est un pays catholique


    Finalement, la religion devient peu à peu étrangère. On ne la connaît plus et les critiques qui en sont faites deviennent de plus en plus épidermiques, superficielles.

    La France comptait, en 2006, 65% de personnes se réclamant du catholicisme. La France est un pays catholique, culturellement et historiquement, le nier serait du pur révisionnisme. Le risque est considérable qu'une frange de cette population ne se reconnaisse plus dans une sphère publique qui lui refuse la parole, et, pourquoi pas, qu'elle finisse par se tourner rageusement vers des personnes qui singent l'amitié pour usurper des connivences : les partis d'extrême droite.

    Les catholiques sont privés de parole, et jusque sur internet, on les ignore. Quelle que soit la vision qu'ils peuvent avoir de cette population, le devoir des journalistes est d'aller au-delà et de comprendre ce qui peut rassembler ces gens, de comprendre ce qu'est la laïcité (la liberté de culte et non pas la censure des religions) et de laisser s'exprimer toutes les voix.

    La France catholique n'est pas un amas de bigottes et de fanatiques enragés. Toute la bonté qu'elle recèle, toute la générosité et l'engagement radical pour les plus démunis, voilà qui est sans cesse occulté par la désinformation. Je ne demande pas la complaisance, je demande, j'exige, de tous ceux qui s'appellent « journalistes », une plus grande ouverture d'esprit, une plus grande tolérance, une remise en question de leur jugement.

    Que les journalistes mettent en pratique cette liberté essentielle de la personne humaine qu'est la révolution intérieure, la remise en cause de sa propre pensée et la tolérance du discours d'autrui, et cela au nom de la démocratie, au nom d'une vraie paix qui n'ignore personne, au nom d'un vrai respect qui ne peut émaner que d'une compréhension mutuelle.

    Par Quentin Thomasset | Etudiant | 25/01/2008 | 11H05

    Ce qui est aussi intéressant à lire est la disproportion (qu'un psy qualifierait de quelque peu hystérique) et l'irrationalité de certains commentaires. C'est très instructuctif et donne du sens, voir des arguments à l'article.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 30 Décembre 2009 à 09:35
    laïcité
    Bonjour Oui il faut sans doute comprendre que la laïcité est une "religion" Et que à cause de cela nous n'avons pas de droit... C'est un peu cela pour tous ceux qui sont en fait contre la "religion" Seule la "religion LAÏQUE à des droits" Nous autres nous n'en n'avons pas !!!
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