• Idolâtrie des marchés

    « Les trois décennies d’après-guerre ont été, pour nous, comme une sortie d’Égypte : une libération et une reconstruction menées par une génération héroïque.

     Les années 1980 ont été l’époque d’un bouleversement dont nous ne mesurons que maintenant l’importance : nous avons insensiblement abandonné le projet des Lumières de construction d’une société autour de l’État et de la société civile, par la culture et le dialogue, pour tenter cette opération inouïe d’organiser l’Europe autour de marchés que nous pensions auto-régulés.
     Pour ce faire, nous avons dérégulé la sphère financière, lui permettant de prendre des dimensions et d’accumuler une puissance encore inconnues dans l’histoire. (…)

     Qu’avons-nous fait, sinon transférer aux marchés financiers les attributs que la théologie classique attribuait à Dieu ?
     N’avons-nous pas déclaré que les marchés sont “omnipotents”, “omniscients”, qu’ils veulent toujours le plus grand bien de tous ?
     N’aurions-nous pas construit un Veau d’or : ces marchés financiers anonymes, auxquels, croyons-nous, il conviendrait de tout sacrifier aujourd’hui, comme autrefois au dieu Moloch. »

     - conférence de carême du 11 mars, animée par le jésuite Gaël Giraud et par le Président de l’Autorité de Marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet.

    Une analyse que je partage profondémment, on ne peut servir deux maîtres, on le sait.

    Merci à Charles Vaugirard d'en avoir parlé sur son blog.


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