• De retour d'une ballade dans les coins sauvages...

    Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau et dans l’autre un petit caillou, pressez-les également. Il ne sortira rien du caillou, et de l’éponge vous ferez sortir l’eau en abondance.

    L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint Esprit et le caillou, c’est le cœur froid et dur où le Saint Esprit n’habite pas.


    - Saint Jean-Marie Vianney


    Ca n'est pas que je n'ai eu rien à dire, c'est juste que je n'ai eu rien à exposer ici qui soit un peu sûr et établi pour moi.

    Ce sont mes premières réactions aux récents évènements sociaux et/ou touchant à l'église qui m'ont poussé à m'abstenir, à me taire, sachant très bien combien l'émotion est mauvaise conseillère de la pensée et de l'écriture. Puis je me suis aperçu que certaines de mes réactions premières n'étaient pas celles que je pensais ni souhaitais avoir dans ce genre de cas.

    En fait, je me suis étonné moi-même, agacé, choqué, de réaliser combien mes points de vue et positions avaient pu évoluer dans un sens que je n'aprouve pas...je n'ai pas très aimé ce que j'ai vu : certaines étaient loin d'être en adéquation avec ma vision de ce qu'est être chrétien.

    Vous l'avez compris, j'ai essayé de comprendre le pourquoi de certaines de mes colères et encore plus le pourquoi de certaines de mes prises de position.

    J'ai voulu prendre du recul pour mieux gérer ce que je sentais comme un tournant dans ma vie de foi et vu les actualités de ces derniers moi pour l'Eglise et sa nébuleuse, j'ai voulu sortir de la danse étroite et interminable avec l'esprit du monde et sa logorrhée ambiante que décrit très bien ce cher Edmond dans son billet du 18.

    J'avais besoin de réfléchir, de lire, de me faire des avis personnels avant de reprendre la parole.
    Une forme de retraite en solitaire...on m'a peu vu à l'église ces derniers temps, je ne m'y suis rendu que lorsque la "faim" d'eucharistie devenait trop pressante. Trop de changements dans ma paroisse et dans le diocèse font que j'avais besoin de prendre du recul de ce coté là aussi.

    J'ai aussi beaucoup discuté, échangé, confronté des idées pour comprendre ce qui poussait d'autres à partager mes élans...des gens que je ne voulais ni connaitre, ni fréquenter avant...puis j'ai essayé de comprendre les positions de leurs opposants...et enfin de me forger mon avis personnel.

    Ca n'a pas été facile et les retours de gens lors de certaines discussions ont pu être violents jusqu'à m'affubler d'étiquettes désagréables et me faire assimiler à des gens dont je suis habituellement opposé aux idées, je reviendrai dessus.

    Au final, tout n'est pas encore défini, mais j'ai réussi à trouver une réflexion plutôt  qu'une position, un chemin plutôt qu'un refuge et même si je ne prétend pas à une quelconque vérité universelle, je revendique un droit à la subjectivité qui peut évoluer, aux émotions, à l'irrationnel et aux erreurs aussi (en fait, surtout aux erreurs).

    En fait, après tout ces mois, je n'ai gardé qu'un absolu, un centre : la certitude de l'amour de Dieu pour Ses enfants.

    C'est à la lumière d'une partie de l'évangile de ce dimanche (Luc 9, 23-24 : "Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.") que j'ai compris qu'entre le Christ et mes "colères" je ne désirais qu'un seul maitre car je ne peux en servir vraiment qu'un seul (Matthieu 6, 24).

    J'ai tellement encore à apprendre, à vivre pour me débarrasser du "vieil homme" (ma croix) et, moi qui suis fatigué et chargé, accepter sans hésitation le repos du Seigneur, car son joug est aisé et son fardeau léger (Matthieu 11, 28-30) afin de devenir un témoin vivant de la résurrection de Jésus dans mon milieu de vie, devenir une force de proposition qui n'impose jamais rien, la source d'un dialogue entre les cultures et les identités, de pardon et de justice.

    Ce temps de désert était nécessaire pour envisager une facon de vivre ma foi avec un peu plus de "maturité", en tenant compte aussi de mes faiblesses après les avoir confronté.

    Tout ca pour vous dire qu'il est possible que mes prochains articles vous étonnent, vous braquent, vous choquent... ou vous plaisent terriblement, il est aussi possible qu'ils vous laissent indifférents.

    A mon habitude, je rejette toute étiquette, pas pour faire l'original, mais pour cultiver les nuances. En fait je suis plein de choses, un confluents de gènes, de cultures et de philosophies dans un siècle en mutation, resté figé me semble absurde.

    Je vous demande surtout de ne pas oublier qu'il ne s'agit aucunement pour moi d'asséner des vérités, mais d'exprimer une position P à un temps T, qui va très probablement évoluer et de proposer des pistes de réflexion.

    En cas de doute sur moi, de déception, de colère, relisez ma colonne de gauche avant de commenter, puis priez pour moi ;)

     

    Esprit


  • Commentaires

    1
    Mardi 22 Juin 2010 à 08:58
    Merci Seb!
    Merci pour ce témoignage poignant, empli d'humilité et de lucidité, Seb. Ton texte porte à la réflexion, et incite au partage, à la communion d'âmes, et surtout pas à la polémique. Comme tu le sous-entends si bien, tu es, et nous sommes tous, en voie d'achèvement, et dans ce contexte, il est rassurant que les idées évoluent. Quand elles le font dans le sens d'abandonner le vieil homme, ça en gêne peut-être certains, qui se sentent abandonnés dans cette peau qu'ils ne veulent pas abandonner, et ça pousse aux critiques. Tant pis! On ne peut pas plaire à tout le monde...L'essentiel est d'avoir la certitude que ce que l'on fait est juste et bon. Avec toi sur la route , je t'embrasse et te souhaite une bonne continuation Marie
    2
    Mercredi 23 Juin 2010 à 10:32
    Super ...
    ... Un p'tit bout de vie sympathique. Témoignage plein d'espérance. J'ai hate de lire la suite. @ bientôt donc
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