• « Quand un chrétien ou une chrétienne, qui va à l’église, qui fréquente la paroisse, ne vit pas vraiment l’Evangile, il est scandaleux.
    Mais combien de fois nous avons entendu :
    ’Mais moi je ne vais pas à l’Eglise – des hommes ou des femmes – parce que c’est mieux d’être honnête chez soi plutôt que d’aller à l’église comme celui-là ou celle-là qui va à l’Eglise et puis se comporte de telle ou telle manière…’.
    Le scandale détruit, détruit la foi !
    Et pour cela, Jésus est si fort : ‘Soyez attentifs ! Soyez attentifs!’.
    Et il faut le répéter aujourd’hui: ‘Soyez attentifs à vous-mêmes !’
    Tous nous sommes capables d’être scandaleux ».
    - Le Pape François

    J'avoue, je suis incapable de vivre l'Evangile comme François nous y appelle.
    Trop de colère, trop de douleur, trop d'empathie, pas assez de charité et de compasion.
    Je ne peux plus voir en face la misère, la peur, l'angoisse, les faims et les comportements qu'elles génèrent.
    Notre société en général me rend dingue et mon coeur est endurci, pour me protéger il est presque de la pierre.
    Et pourtant il bat !
    Et pourtant je prie Notre Seigneur dans un dialogue plutôt permanent.
    Et je sais que les sacrements de Son église sont là pour me soigner, ils l'ont fait, ils me manquent, l'Eucharistie me manque terriblement, presque physiquement.
    Mais je n'y arrive pas, à passer ce pas, à rejoindre cette communauté...pas tant à cause de ses scandales, c'est le lot de l'humanité.

    Ce qui m'éloigne, c'est le plus absolu manque de courage de sortir de chez moi, de cottoyer des gens, de sortir aussi de moi pour aller vers les autres alors que je sais que toute leur humanité, leurs défauts, leurs manies, leur mesquineries, leurs jeux de pouvoir imbéciles ; tout ce que je lis dans leur langage corporel, dans leurs gestes, leurs regards, va d'abord m'agacer et briser toute sérénité spirituelle puis m'énerver au point de m'ôter tout plaisir d'être à la messe, de rendre amer mon contact avec la communauté.
    Et j'en suis fatigué, malade même.
    Je sais, je suis trop dans le jugement, mais désolé, c'est ma nature, je suis introverti, analytique, pensif ; j'observe, je déduis, je vérifie, je conclue...et croyez moi, personne n'aimerait ce que je vois. Heureux les simples d'esprit...

    De plus, cette même nature fait que j'ai tout à fait concience de mes manquements de chrétien, des scandales de ce que je suis pour l'Eglise, de mes actes, de mes pensées, de mes pêchés quotidiens (oui, je sais, il y a un sacrement pour çà)...
    Ceux de vous qui m'ont croisé ou fréquenté savent quels gros ours mal léché à l'esprit trop vif et la langue trop acerbe je peux être et combien j'ai du mal à être "un bon garçon" ; je n'ai vraiment pas le genre de comportement ou d'attitude qui fait dire "voyez comment ils aiment, voyez comment ils s'aiment", en tous cas pas en public...et je ne compte sincèrement pas en changer, aucune repentance ici juste quelques regrets (d'où ma non demande de Réconciliation).

    Alors, oui, ces derniers temps j'évite de dire ma foi, d'associer le beau nom de chrétien à ma personne, parceque déjà les gens en ont une mauvaise image, parceque l'image idéale que notre société se fait de notre communauté ne me correspond pas, que je refuse l'idée même d'y adhérer.

    Je n'ai pas honte de qui je suis.
    Je n'ai aucun doute de Son amour pour moi, pour nous.
    Je ne renie rien de ma foi, elle est dans mon coeur, gravée sur mon âme et sur ma peau.
    Mais je suis mieux seul et l'Eglise terrestre est mieux sans moi.
    Que çà ne vous empêche pas de prier pour elle et pour moi, je prie encore régulièrement pour vous.


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  • "[Le Christ] atteste que nous n’avons pas à avoir honte des traces de nos souffrances, que nous n’avons pas à rêver qu’elles disparaîtront par la grâce de Dieu.
    Ce que nous vivons de difficile ou de douloureux sera transfiguré, sera accueilli dans la lumière de Dieu.
    Le salut n’est donc pas un coup de baguette magique qui ferait comme si nous n’avions pas souffert.
    En son Fils, Dieu vient partager la souffrance humaine et la porter dans sa miséricorde."

    - Méditation sur l'évangile du jour (Jean chapitre 20, verset 25) par le Frère Jean-Marie Gueullette de Lyon, pour Careme dans la Ville.


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